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Athénée Royal de Woluwe-Saint-Pierre


Les 4 A interprètent à leur manière les Tableaux d’une exposition de Moussorgski.

Tableaux d’une exposition de Modeste MOUSSORGSKI. Texte de Béatrice FERON.

Le jeudi 19 mars 2009, la direction de notre école invite le quatuor Astoria à interpréter les Tableaux d’une exposition de Modeste MOUSSORGSKI. Mes élèves de 4e A assistent à ce concert, ensuite, je sollicite leur créativité: ils doivent  en choisir le morceau qui leur a le plus plu et  l’illustrer par une création artistique et littéraire. Ils doivent raconter l’histoire que leur inspire la musique, puis, expliquer ce qu’ils ont voulu représenter à l’aide d’une maquette ou d’un autre procédé.

«  Le vieux château  » Texte de Julie MAELFEYT

Après avoir entendu les Tableaux d’une exposition de Moussorgski, je choisis de présenter «  le vieux château  », car la musique était à la fois triste et lugubre.
Voici l’histoire qu’elle m’a inspirée:
Le 7 octobre 2009, au home «  les Bienheureux  » retentissent des cris, les couloirs sont pris d’assaut par infirmières, aides soignants, cuisiniers ou directeur. Où est passée Marguerite? Qui l’a vue hier soir après le repas?
Marguerite est une vieille dame de septante-six ans, elle est locataire au home «  les Bienheureux  » depuis plus de trente ans. Elle y est entrée très jeune à cause d’un alzheimer précoce et d’une famille inexistante.
Le directeur se souvient qu’à son entrée, Marguerite avait les traits tristes, le regard vide, elle ne parlait pas, mais souriait de temps en temps aux anges. Jamais personne n’a pu savoir ce qui lui était réellement arrivé.
Aujourd’hui, Marguerite a disparu et, étrangement, son lit est fait, sa chambre rangée, sa robe de nuit pendue au crochet de la salle de bain, ses pantoufles glissées sous son fauteuil, mais son manteau a disparu de sa garde-robe.
Alors que les recherches battent leur plein au home, que la police est avertie de la disparition, une vieille dame marche lentement sur un chemin sombre…
Marguerite, qui vient de parcourir plusieurs kilomètres à pied s’approche d’un vieux château. Des fenêtres sont brisées, des mauvaises herbes couvrent les murets, des lambeaux de rideaux volent au vent.
La vieille dame s’arrête un peu avant l’entrée  de cette demeure et s’installe sur un banc. Elle qui vit dans le silence depuis des années aimerait pouvoir parler, aimerait pouvoir raconter enfin ce qui lui est arrivé, ce qu’elle a vécu dans ce château qui, autrefois, était animé de cris d’enfants et respirait la joie et le bonheur.
C’est alors que s’approche un homme. Il a une cinquantaine d’années, il est grand et robuste. Arrivé devant la vieille dame, il la salue poliment. Marguerite prononce alors un premier mot après trente ans de silence, trente ans d’infinie tristesse inexpliquée. Elle répond difficilement un «  bonjour  » presque inaudible.
L’homme, étonné de la présence de Marguerite se présente: «  Je m’appelle Merisier Dubois, je vis au village je me promène souvent par ici, j’aime cet endroit, ces jardins, ce château. Ce banc m’a toujours paru agréable.  »
Marguerite prend la parole: «  Ce banc est le mien et ce château a connu les plus belles années de ma vie, mes trente premières années. Je suis née ici, j’étais fille unique, mes parents m’ont chérie et entourée de tendresse. Le château est un bien familial, il est occupé par les miens depuis plusieurs générations.
A vingt ans, j’ai épousé Sylvain, un ami d’enfance. Nous nous sommes installés ici auprès de mes parents. Nous avons eu quatre enfants: trois garçons et une fille. Mon premier fils, Amaury est né lorsque j’avais vingt et un ans, deux ans plus tard, Gauthier a vu le jour, suivi, un an après, de Guillaume. Charlotte fut mon dernier enfant, elle aurait aujourd’hui, 7 octobre 2009, cinquante ans exactement. Nous étions heureux de vivre en famille, les enfants, quatre petites têtes blondes, remplissaient de bonheur la demeure et ses jardins qui donnent sur la forêt.
Un jour de décembre 1960, je me suis absentée, je devais acheter les cadeaux de Saint-Nicolas. Sylvain et moi avions décidé que je m’en chargerais pendant qu’il occuperait les enfants.
Je ne suis partie que quelques heures. A mon retour, le silence m’a immédiatement étonnée. Plus un bruit, plus un rire, plus un cri, la maison paraissait vide. J’ai lâché mes paquets dans le hall et suis entrée dans le salon. Mes parents gisaient dans leur sang devant le feu encore vif.
Je n’ai pas crié, je n’ai pas pleuré, j’ai couru à travers les nombreuses pièces que compte le château, je les ai visitées une à une, j’ai ouvert chaque armoire, appelé sans cesse mes enfants et mon mari, je n’ai eu que le silence comme réponse…
C’est devant la porte du jardin restée ouverte que j’ai découvert le corps sans vie de mon mari. Mes enfants, mes quatre enfants avaient disparu!!
Je les ai cherchés des années durant, j’ai supplié celui qui les avait emmenés de me les rendre, la presse écrite et télévisuelle ont fait grand cas de mon histoire, jamais je n’ai eu de nouvelles, mais je sais que mes enfants vont bien, je l’ai toujours su malgré tout ce que la police, les proches, qui se sont très vite éloignés de moi, les «  autres  » disaient et me répétaient. Pour moi, mes enfants sont toujours vivants.
Avant de décider de ne plus rien dire, de garder pour moi mes certitudes et mes souvenirs, j’ai fait en sorte, auprès du notaire du village, que ce château ne soit jamais vendu, que mes enfants puissent y élever un jour les leurs et que je puisse à nouveau y entendre des cris de joie et des rires. Je leur avais raconté combien leur vie serait heureuse entre ces murs aujourd’hui si gris et tristes, je leur avais promis des anniversaires pleins d’amis, de ballons et de feux d’artifice.
Ce matin, en me réveillant, j’ai eu un drôle de sentiment comme si, tout à coup, le passé, c’était hier. Je me suis souvenue de tout, de la date d’anniversaire de chacun de mes enfants. J’ai donc pris la route. Instinctivement, je marchais, tournais sans même réfléchir et je me suis retrouvée devant chez moi.
Je sais qu’aujourd’hui, ma petite fille, Charlotte, a cinquante ans, qu’elle doit certainement être mère à son tour et qu’elle est, sans nul doute, entourée de l’amour de ses frères.  »
Sur la joue de Marguerite perlent quelques larmes. L’homme s’est assis à ses côtés et n’a pas osé l’interrompre durant les quelques heures de son récit.
Merisier Dubois est troublé par l’histoire qu’il entend, il ne sait pas exactement pourquoi, il ose à peine y croire, d’ailleurs, lui qui a été recueilli vers l’âge de huit ans avec ses deux frères et sa jeune soeur par Damien, un ermite de la forêt voisine. Ils n’ont jamais su d’où ils venaient ni comment ils se prénommaient. Ils ont vécu éloignés du monde jusqu’au décès de Damien.
Merisier Dubois, sans réellement comprendre pourquoi, propose à Marguerite de l’accompagner, de lui présenter sa famille, ses frères, Hêtre et Chêne et sa petite soeur, Epicéa, qui fête aujourd’hui ses cinquante ans…

J’ai aimé réaliser ce double travail. L’invention d’une histoire, au départ d’une musique, la mise en texte de mes émotions ou ressentis a été quelque chose de nouveau pour moi. La liberté totale dans l’écriture m’a permis de laisser aller mon imagination.
La mise en vie de mon histoire en créant la maquette a également été très amusante, plus pratique, elle me poussait à en rajouter sans cesse, dommage que mes qualités de bricoleuse soient limitées car le travail donnait envie d’en faire plus!
La maquette représente la scène principale de mon récit, c’est le moment où Marguerite, assise sur son banc, raconte son histoire à Merisier Dubois, debout à ses côtés.
En fond, le château sombre et abîmé par le temps, par les quarante-neuf années qui nous séparent de décembre 60, date du drame.
Le ciel gris, le noir, la maison sombre sont des rappels de la douleur de Marguerite, du silence dans lequel elle vit depuis tant d’années.
Si les personnages, eux, sont colorés, c’est pour dire que la vie reprend son cours, qu’un avenir plus joyeux se dessine pour Marguerite.

«  La cabane de Baba Yaga la sorcière, la cabane sur des pattes de poule  », texte de Léa LAYACHI

Parmi les Tableaux d’une exposition de Modeste Moussorgski, j’ai choisi de représenter «  la cabane de Baba Yaga la sorcière  » car, lorsque j’étais petite, j’avais vu le dessin animé et la maison de Baba Yaga m’avait beaucoup impressionnée. Je la trouvais épouvantable avec ses pattes de poule, mais également originale.`
La musique m’a fait penser au bruit de pas que la maison faisait lorsqu’elle poursuivait les enfants.

Dans une forêt sombre et effrayante située en Russie, Ivan, un petit garçon de neuf ans se baladait. Il revenait de la boulangerie du village où il était allé chercher du pain pour sa mère.
Pour rentrer chez lui, il était obligé de traverser cette forêt peu accueillante dans laquelle, selon les rumeurs qu’il avait entendues, Baba Yaga la sorcière vivait dans son horrible maison sur pattes. Ivan savait que cette histoire n’était qu’une légende, mais, seul au milieu de ces bois sombres, il avait peur; le moindre bruit l’alarmait.
Il se sentait suivi par quelque chose et l’idée que cela pouvait être Baba Yaga et sa cabane s’immisça peu à peu dans son esprit pour finalement envahir toutes ses pensées.
Angoissé, il avançait de plus en plus vite sans oser se retourner, de peur qu’effectivement la terrible maison de Baba Yaga fût en train de le suivre.
Soudain, il entendit une branche craquer derrière lui. Surmontant sa peur, il se retourna et découvrit avec horreur que la cabane de la sorcière était réellement occupée à le poursuivre. Ce n’était donc pas une légende, pensa Ivan avant de reprendre ses esprits et de s’enfuir en courant.
Malheureusement pour lui, la maison courait beaucoup plus vite et elle commençait à le rattraper. Il ne restait plus que quelques mètres à Ivan avant de sortir de cette forêt si effroyable lorsqu’il trébucha en se prenant le pied dans une racine.
La maison qui, entre-temps l’avait rattrapé, se pencha au-dessus de lui. A cet instant précis, Ivan, pensant que sa dernière heure était venue, ferma les yeux et se mit à prier.
C’est alors qu’il entendit le bruit d’une porte qui s’ouvre et une voix lui dire: «  Est-ce que tu vas bien? Tu ne t’es pas fait trop mal?  »Ivan, tétanisé, ne pouvait plus prononcer un mot. La sorcière, qui s’était aperçue qu’elle affolait le petit garçon lui dit: «  N’aie pas peur, je ne suis pas méchante, je ne mange pas les enfants, c’est un mensonge.  » Ivan se demandait s’il devait la croire ou pas, mais comme elle semblait sincère, il lui répondit: «  Oui, ça va, je n’ai rien de cassé  ».
Baba Yaga, rassurée, lui proposa alors de venir chez elle pour manger un morceau du gâteau qu’elle venait de finir de cuire. Ivan accepta et pénétra dans l’affreuse cabane. Celle-ci ne contenait rien de bizarre, au contraire, elle était même joliment décorée.
Baba Yaga et Ivan prirent le goûter tout en discutant. Les heures passèrent, mais Ivan ne s’en aperçut pas, tellement il était captivé par les histoires passionnantes que la vieille femme lui racontait. Ils passèrent ainsi un moment agréable et Ivan se rendit compte que Baba Yaga n’était pas une sorcière, mais simplement une vieille dame avec une drôle de maison et beaucoup d’anecdotes intéressantes à raconter.
Avant de quitter Baba Yaga car il se faisait tard et sa mère allait s’inquiéter, il demanda à la vieille dame pourquoi on racontait qu’elle mangeait les enfants. Triste, Baba Yaga lui répondit que c’était parce que son étrange maison avait toujours effrayé les gens et ceux-ci avaient alors inventé des mensonges.  Tout le monde les avait crus et, depuis ce moment-là, elle vivait seule au milieu de cette forêt sombre.
Ivan décida alors que, dorénavant, il viendrait, une fois par semaine, rendre visite à Baba Yaga. Cette rencontre marqua le début d’une belle amitié entre une vieille dame pas si horrible qu’on le disait et un petit garçon plus courageux  qu’on n’ aurait pu le croire.

J’ai illustré mon histoire à l’aide d’une maquette. Celle-ci représente le moment où Ivan pense que la maison de Baba Yaga le suit, mais qu’il n’ose pas se retourner pour vérifier.
J’ai peint la cabane de Baba Yaga en noir pour la rendre effrayante et sombre. J’ai également semé de l’herbe tout autour pour donner l’impression que la cabane n’a pas été entretenue depuis longtemps. La maison a donc un aspect terrifiant. De plus, elle possède des pattes de poule, ce qui fait que les villageois ont cru qu’elle était habitée par une sorcière.
Mais, vu que, dans mon histoire, la cabane appartient en réalité à une vieille dame, j’ai ajouté une fenêtre avec des rideaux et l’intérieur de la maison n’a rien d’angoissant. C’est pour cela que j’ai posé du papier peint jaune car c’est une couleur gaie et que j’ai réalisé deux tableaux avec beaucoup de couleurs, plutôt joyeux et qui donnent l’impression d’avoir été peints par des enfants.
Au sol, j’ai déposé une branche: c’est en fait la branche sur laquelle la maison va marcher. Ivan entendra un bruit de bois qui craque et osera se retourner pour finalement voir que la cabane est effectivement occupée à le suivre. Les arbres représentent la forêt dans laquelle Ivan se promène.

Au final j’ai trouvé ce travail plutôt agréable à réaliser: il changeait de ceux que nous faisons d’habitude. Nous pouvions laisser libre cours à notre imagination. Et, bien que je n’aie jamais été très douée dans le domaine artistique, que ce soit en dessin ou en bricolage, j’ai trouvé amusant de construire une maquette.


Posté le : 04 mai 2009
Posté dans Activités