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Athénée Royal de Woluwe-Saint-Pierre


Le Prix des lycéens de la littérature belge édition 2009

Le Prix des Lycéens de la Littérature belge édition 2009. Texte: Béatrice FERON

Le Prix des Lycéens? Je n’en ai jamais entendu parler! Me direz-vous. Eh bien, c’est étonnant! En effet, cet événement fut créé en 1993 déjà à l’initiative d’Anne-Marie BECKERS, inspectrice de français. Il a lieu tous les deux ans et sélectionne cinq romans parmi la production belge de l’année. Il propose donc à la lecture les oeuvres les plus récentes de notre littérature nationale.
Il concerne les élèves des deux dernières années de l’enseignement secondaire supérieur, tous réseaux confondus et, pour cette dernière édition, il rassemble plus de 2700 participants, ce qui veut dire 58 écoles et 83 professeurs. Pas mal, non?


Tout d’abord, il y a la sélection. Elle est opérée par le comité organisateur réunissant six membres autour de Mme Beckers: Mmes Deprez, Raes, Valentin, Rafin, Ringer et Feron. Première étape, la lecture acharnée de toute la production récente, en moyenne, une soixantaine d’ouvrages. Puis les discussions homériques au cours desquelles chacune défend âprement ses favoris, enfin, un vote où la majorité décide des cinq finalistes.
Cette liste est envoyée aux écoles participantes et chaque livre doit être lu par la totalité des élèves de la classe. Ils donnent lieu à des analyses, résumés, critiques et travaux divers, selon les goûts de chacun, avant que tous procèdent au vote qui désignera le vainqueur du grand prix.
Mais rassurez-vous, personne ne repartira bredouille: il y aura aussi un vote des délégués (les délégués de chaque classe défendent leur choix personnel) et l’attribution des  » prix spéciaux  » dont les intitulés ont été imaginés avec malice, machiavélisme ou humour par les élèves participants ( » prix sucré salé: du rire aux larmes « ,  » prix de la plus belle plume  » ou encore celui du  » livre qui nous a ouvert les yeux « ).
Parfois, l’occasion est donnée aux lecteurs de rencontrer certains des auteurs, ou même tous avec un peu de chance! C’est une possibilité qui leur est offerte de pouvoir échanger des points de vue, poser des questions et se rendre compte que, non, tous les auteurs ne sont pas des vieux messieurs morts!
Depuis 2006, le prix a un petit frère, celui du cinéma belge francophone qui a lieu en alternance avec son aîné.
Pour clore en apothéose, la remise des cadeaux aux lauréats a lieu lors d’un cérémonie chaleureuse et conviviale dans un auditorium du Flagey.

Notre classe de 6 A y participe et cette année, nous avons lu:

Alain BERENBOOM, Périls en ce royaume
Daniel CHARNEUX, Nuage et eau
Corinne HOEX, Ma Robe n’est pas froissée
Tuyet-Nga NGUYEN, Le Journaliste français
Jean-Luc OUTERS, Le Voyage de Luca

La visite de Corinne HOEX, Coup de cœur ou coup de griffe ? Texte de Saskya HAGE 6A

Ce vendredi 30 janvier 2009 à 13h50 la classe des 6e A a reçu au local 117 la visite de Corinne Hoex, l’auteur belge du roman Ma robe n’est pas froissée, lu par les élèves en début d’année.

Ce jour-là il faisait étonnamment beau, le soleil brillait de mille feux, un vent glacial balayait la rue et nous gelait les doigts.
J’avais rendez-vous avec quelques amis sur le temps de midi au local 130 pour écrire notre pièce de théâtre. A 13h40 je les ai salués pour rejoindre le local de Mme Feron. J’entrai et aidai mes camarades à préparer la classe pour cette intrigante rencontre.
Tour à tour, nous prîmes place, attendant avec impatience l’arrivée de notre invitée.
Soudain je m’aperçus que j’avais oublié mon livre dans mon casier. Je me levai d’un bond et demandai la permission d’aller le chercher en vitesse.
Il fallait faire vite, elle allait arriver d’une minute à l’autre… Je hâtai le pas puis me mis à courir.
J’eus alors l’immense surprise de croiser notre invitée dans l’escalier en compagnie de Zoé et Maximilien, deux élèves de ma classe chargés de l’accueillir.
Moi qui ai toujours eu une imagination débordante, je m’étais figuré cette dame totalement autrement que celle que mes yeux me montraient à cet instant.
Elle était grande, mince, habillée de vêtements particuliers et de couleurs vives. Elle avait une chevelure dense, ses cheveux roux et frisés lui arrivaient à hauteur des épaules. Elle montait les marches d’un pas entraînant, le sourire aux lèvres. Ses grands yeux avaient l’air intéressés et émerveillés par la découverte de notre école.
Je continuai ma course folle jusqu’à mon casier, attrapai mon livre en hâte, courus du plus vite que je pouvais, évitant du mieux possible les élèves qui se baladaient dans le couloir, puis, remontant les marches quatre à quatre, j’atteignis enfin la classe.
Ouf ! Ils venaient à peine d’entrer, je n’avais rien raté! Tout essoufflée, je m’écroulai sur ma chaise.
Tous les regards étaient tournés vers elle.
Le soleil illuminait la pièce, il réchauffait l’atmosphère et lui donnait un ton doux et paisible.
Personne n’osait dire mot. Chacun était intrigué et farouche.
Peu à peu les mains se levèrent et chacun à notre tour nous posâmes les questions que nous avions préparées avec soin.
Elle nous répondait avec attention et sincérité.
Parfois elle s’éloignait du sujet et perdait le fil de ses pensées. Elle semblait avoir des tonnes de choses à nous dire et ne pas savoir par où commencer. Les mots fusaient de sa bouche. Elle peinait parfois à trouver la bonne manière de répondre à une question et à trouver les mots justes. Elle semblait aussi timide et excitée que nous de cette rencontre.
Les minutes passèrent à une vitesse folle. Nous arrivions déjà au moment de nous quitter.
Elle nous offrit quelques minutes supplémentaires de son temps pour dédicacer nos livres puis s’en alla en nous remerciant chaleureusement.

Coup de cœur ou coup de griffe : Visite de Corinne Hoex. Texte de Thibaut LE GARROY 6A

Je vais vous parler de la rencontre de notre classe avec l’auteur, Corinne Hoex.

J’avais un a priori très négatif tant son roman, Ma robe n’est pas froissée m’avait déplu. Je l’avais trouvé sombre, désespérant, presque nauséeux. Corinne Hoex, son auteur, m’a fait un tout autre effet…

Tout d’abord, lorsqu’elle est entrée en classe, son apparence physique m’a interpellé : je m’attendais à voir une femme triste, montrant sa désespérance dans sa façon de s’habiller et je l’imaginais comme un être timide, qui a peur de l’autre, comme la jeune fille dans son roman. Au contraire, elle est apparue débordante d’énergie, et son style vestimentaire est  » relax  » et original. Ses cheveux de sorcière accentuent son allure cool et son sourire était engageant.

Chaque élève s’est présenté, suite à la demande de Madame Feron, ce qui a fait rire l’auteur. Il me semble cependant qu’elle était perturbée positivement par notre désir de la rencontrer et le fait que nous la voyions comme une « star ». Ensuite, des élèves ont posé des questions que chacun, au préalable, avait préparées.

J’ai relevé certaines réponses de Corinne Hoex : premièrement, à la question que tout le monde attendait :  » est-ce un roman autobiographique ? « , Corinne Hoex répond, mais adapte son propos, comme dans son livre, en laissant au lecteur, ou ici l’auditeur, le libre choix de construire sa propre réflexion. Elle a déclaré : « un homme ne peut parler de quelque chose qu’il n’a jamais vu ou connu ». Cependant, elle refuse la thèse de l’autobiographie, « c’est un roman de fiction où je mélange invention et souvenirs » dit-elle.
Un élève a alors ajouté : « mais pourquoi alors votre photo (une fillette en robe non froissée) sur la couverture ? » « Pur hasard ! Nous cherchions alors, avec l’éditeur, une couverture et je me suis mise à fouiller dans mes photos personnelles. Et c’est alors que, tout bêtement, je suis tombée sur celle-ci et je me suis dit simplement pourquoi pas ? Je l’ai proposée à l’éditeur qui a approuvé mon choix ».

Une autre question a porté sur ses chances de gagner le Prix des lycéens. « Non, je ne me vois pas gagner car il me semble que les étudiants ne sont pas préparés à la lecture de mon livre ; c’est un roman qui suscite des interrogations si on prend la peine de se les poser ; elles sont essentielles pour comprendre et apprécier la lecture. Mais, à première vue, les étudiants le jugent désespérant, triste, etc. Cependant, je suis heureuse de voir que votre professeur fait bien son boulot et vous force à la réflexion ».

Pour conclure, voici mon verdict: franchement, un coup de cœur ! La rencontre avec l’auteur m’a permis de poser un autre regard sur le livre et l’histoire qu’il raconte. J’ai compris ce que voulait dire une fiction et que le narrateur ne se confond pas toujours avec l’auteur. En plus, si la romancière a vécu une part des événements décrits dans l’oeuvre, c’est un signe d’espérance de la voir si épanouie. Ce fut donc positif pour moi de la rencontrer… elle a pu ensoleiller ce roman si sombre… Une petite suggestion pour un prochain concours : annexer un commentaire auditif à chaque exemplaire du livre !

Rencontre avec Corinne Hoex Texte d’Elise PETERS 6 A

Notre Professeur de français, Madame Feron, a invité Corinne Hoex à venir discuter avec nous autour de son roman Ma robe n’est pas froissée. Avant la rencontre, nos sentiments étaient multiples, nous étions à la fois intrigués et impatients de rencontrer l’auteur de ce livre et, sans doute, également un peu intimidés, mais, en tout cas, honorés de son déplacement.

Son apparition fut surprenante et très éloignée de l’ambiance triste de son oeuvre. Elle est relativement petite et souriante. Nous avons été immédiatement impressionnés par la forte personnalité qui se dégageait d’elle, au travers de ses vêtements au style personnel, coloré et aux motifs originaux. En la voyant, on savait immédiatement que c’était elle et qu’un moment spécial allait débuter. Visiblement, elle était également surprise, elle s’est extasiée sur le nombre d’élèves présents et elle nous a salués.

Madame Feron semblait heureuse et jouir de ce moment de rencontre. Elle a invité Corinne Hoex à s’asseoir parmi nous dans le cercle formé par nos chaises et a demandé à chacun de se présenter. Puis, nous sommes passés aux questions-réponses concernant l’auteur, son œuvre, sa vie, ses sentiments.

Pour ma part, je lui ai posé une question relative au titre de son livre:  » pourquoi avoir choisi comme titre une phrase du roman et pourquoi celle-là ?  » . Corinne Hoex a eu une réponse brillante. Pour elle, ce titre et cette phrase résument totalement l’histoire. Ces quelques mots soulignent que l’héroïne est attachée à son apparence et qu’elle dissimule, derrière sa jolie façade, des événements douloureux, les viols répétés de son fiancé, le manque d’amour de ses parents, ses propres sentiments. Sa robe, symboliquement, c’est sa carapace protectrice vis-à-vis du monde extérieur et, en même temps, c’est le support de son image vis-à-vis de l’extérieur. Le titre suggère immédiatement que, derrière l’apparence d’une robe bien repassée, se déroulent des choses très graves : que le drame couve sous la normalité supposée d’un vêtement bien propre.

Nous lui avons également demandé si ce livre recelait un aspect autobiographique. Sa réponse à cette question manquait de précision. Apparemment, c’était non. Et je veux bien le croire parce que le caractère de Corinne Hoex est fort et trempé, alors que son héroïne est plutôt faible.
Un peu plus tard, j’ai particulièrement apprécié son explication concernant la mer du Nord. Corinne Hoex nous a indiqué que le personnage sauveur dans cette oeuvre est la mer du Nord. L’héroïne s’y ressource, s’y sent bien et a l’impression qu’elle l’écoute et la comprend, même si, parfois, les jours d’orage particulièrment, la mer est violente. Sans doute peut-on dire que sa mère est la mer. Sincèrement, je dois avouer que cet aspect du livre m’avait échappé et je suis heureuse d’avoir découvert cet élément nouveau lors de cette rencontre.

Finalement, je suis admirative devant tant de talent et pleinement satisfaite de cette rencontre. Je suis également touchée par la dédicace personnalisée que Corinne Hoex a eu la gentillesse de donner à chacun d’entre nous. Je crois que ce sentiment était partagé par l’ensemble de notre classe puisque, avant son départ, tout le monde s’est levé et l’a applaudie. Ce fut un agréable moment.

La visite de Corinne Hoex. Texte de Maximilien De Jaegher 6A
Lors du prix des lycéens nous avons eu le plaisir mitigé de lire le roman de Corinne Hoex, Ma robe n’est pas froissée.  » Mitigé « , car cette oeuvre véhicule un message lourd à assumer: la condition des femmes maltraitées. Nous pouvons aimer ce livre, mais aussi ne pas pouvoir le finir à cause de sa cruauté. Après la lecture, toute la classe s’est posé des questions à propos du livre, mais surtout à propos de Corinne Hoex elle-même. C’est pour cela que Madame Feron nous a fait le plaisir de l’inviter pour une après-midi entière à l’école, pour que nous puissions  » enfin  » rencontrer l’auteur de ce livre bouleversant.
Donc, le 30 janvier de notre ère, Zoé et moi, avions la responsabilité, en tant que délégués pour le prix des lycéens, d’accueillir Corinne Hoex à l’entrée de notre école pour la mener jusqu’à notre classe de français, où nos chers camarades l’attendaient, tellement impatients de lui poser mille et une questions. Mais, dès son entrée en classe, nous avons pu constater que les ardeurs de chacun s’étaient calmées, et même, pour certains, carrément évanouies. Donc Madame Feron, pour  » chauffer  » un peu l’auditoire, a commencé par un tour de présentation. Puis, nous avons enchaîné sur des questions que nous avions préparées et parfois celles posées menaient à d’autres, que nous imaginions sur le moment. Au fil de l’après-midi s’est instaurée une certaine relation entre la classe et l’écrivain. Une certaine intimité car, pour la plupart, c’était la première fois qu’ils voyaient un auteur en  » chair et en os  » sans passer par l’intermédiaire du livre par lequel, le plus souvent, nous découvrons un peu l’écrivain. Mais il est très difficile de se faire une idée valable, car chaque lecteur interprète sa lecture différemment, donc, appréhende l’auteur d’une façon tout aussi différente. Et pour le livre de Corinne Hoex, c’était encore plus ardu car, par ses explications, elle essaye toujours de maintenir une certaine distance entre elle et son œuvre, une certaine objectivité. Nous avons pu terminer cette journée par une séance d’autographes, pour ceux qui n’avaient pas oublié leur livre comme moi !
La visite de Corinne Hoex fut très agréable et instructive, nous avons pu en apprendre un peu plus sur le monde des auteurs et de la littérature, et cela, grâce à Madame Feron, sans qui cela n’aurait pas été possible. Mais aussi, d’une certaine façon, grâce à nous-mêmes, à l’accueil que nous lui avons réservé. Corinne Hoex a dit quelque chose qui, je pense, est allé droit au cœur de chacun : cela lui faisait plaisir de rendre cette visite dans une classe tellement accueillante et chaleureuse. Cette journée nous a apporté beaucoup de réponses à nos questions, mais au terme de celle-ci, nous nous en posons peut-être encore plus….


Posté le : 18 mar 2009
Posté dans Activités