Connexion - :

Athénée Royal de Woluwe-Saint-Pierre


Visites à la Maison d’Erasme

La classe de 6A devant la maison

Oeuvre de Perejaume construite avec 11500 verres de lunettes

La chambre de vision: oeuvre de Perejaume construite avec 11500 verres de lunettes

L'observatoire de Bob Verschueren

Devant le béguinage

Devant le béguinage

Le jardin des maladies

Le jardin des maladies

Mardi 30 septembre et vendredi 10 octobre 2008, visite de la Maison d’Erasme avec les élèves de 6B (textes) et de 6A (photos).

Texte de Béatrice FERON

« Être maître d’école est un office presque royal. De l’avis des sots, c’est un rôle bien humble, mais c’est de loin le plus glorieux. » Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Erasme, cet érudit aux origines modestes qui, par les lumières de son intelligence, s’éleva jusqu’aux sommets culturels de la Renaissance. Son nom nous est encore familier près de cinq cents ans après sa disparition.
Conseiller de Charles Quint, notre philosophe séjourna à Louvain, où il enseigna à l’université, Anvers, Malines, Bruges, Gand, Liège, Bruxelles. A Anderlecht, invité par le chanoine Wijchmans, il séjourna cinq mois et n’eut qu ‘à se louer du bon air et des bienfaits de la vie campagnarde sur sa santé chancelante.
De nos jours encore, la maison, qui constitue le seul musée au monde consacré à l’humaniste, est un havre de paix au milieu de l’agitation urbaine.
C’est là que nous lui avons rendu visite. La première fois le trente septembre, avec les 6B, sous une pluie battante, la seconde, le dix octobre, avec les 6A, sous un radieux soleil automnal. Caprices de notre météo nationale!
Avant de passer la plume, hum, je veux dire le clavier, à mes élèves, j’aimerais terminer par cette pensée du maître: « C’est le propre des professeurs comme des parents de supporter quelque temps le dédain ou l’ingratitude de ceux qu’ils éduquent, jusqu’à ce que l’âge et l’expérience leur ait appris la valeur du don qu’on leur fait. »

Billets d’humeur: « Coup de coeur ou coup de griffe? »

Mariame BENYAMOUN 6B

Direction l’arrêt de métro Saint Guidon à Anderlecht pour une visite de la Maison d’Erasme. La journée commence par un temps de chien. Au programme: ciel gris d’automne et pluie incessante.
La guide est mon professeur de français, mais les membres du personnel du musée n’avaient pas l’air d’apprécier. Ils auraient peut-être préféré que l’on prenne un des leurs? Dès la première pièce, ils commencent déjà à se venger en nous surveillant: un gardien de chaque côté. Ils ont peut-être cru qu’on était de grands bandits recherchés par tous les réseaux de Belgique et qu’on allait voler leurs tableaux géants sans qu’ils s’en aperçoivent! Et pourquoi toutes les tentures étaient-elles fermées? Le peu de lumière qu’il y avait ce jour-là ne pouvait pas entrer: on aurait dit qu’on visitait une maison hantée!
Mon plus gros coup de griffe est pour le moment où mon professeur a touché un tableau: on l’a pratiquement agressée et presque frappée car elle avait voulu fermer le triptyque afin de nous montrer à quoi il ressemble habituellement pendant toute l’année en-dehors du jour de Noël.
La seule question que je me pose encore aujourd’hui est: à quoi servent donc ces deux panneaux si on ne peut même pas les admirer?
J’ai pourtant beaucoup appris, tant sur Erasme que sur les tableaux, sculptures et autres oeuvres exposées.

Fanny BOHEE 6B

Mardi 30 septembre, nous avons visité la Maison d’Erasme.
Mon coup de coeur portera sur l’intégralité du jardin. Celui-ci est divisé en deux parties: l’une consacrée aux maladies, l’autre à la philosophie.
J’ai trouvé intéressant de voir le nombre de plantes prodiguant leurs bienfaits au corps humain, mais certaines, comme l’if, ont des fruits dangereux voire mortels pour l’homme.
La disposition des parterres conférait à l’ensemble une impression d’harmonie et de calme.
Le jardin philosophique m’a beaucoup plu. Beaucoup de ses aspects nous amenaient à tout remettre en question: non seulement ce qui nous entoure, mais aussi nous-mêmes. Le plus bel élément de cette partie était, à mon avis, l’observatoire. Il s’agit d’un arbre mort transformé en fontaine. Celle-ci se cache au fond d’un trou recouvert de pierres de lave, des pierres volcaniques. Sur le tronc pousse de la mousse.
Pour moi, c’est une très belle représentation de la vie après la mort et une évocation des quatre éléments: les pierres représentent le feu, la fontaine l’eau, l’arbre et la mousse la terre et l’air nous entoure.
Étant donné que ce lieu est en contre-bas, il permet d’avoir une autre vision du monde autour de nous. On l’appelle « observatoire » car, une fois descendu près de l’arbre, on peut apercevoir la collégiale, le ciel et une foule de symboles.
Pour passer d’un jardin à l’autre, il faut faire un choix entre deux portes: la grande, on peut l’atteindre par un chemin direct, la petite est plus difficile d’accès. Ainsi, Erasme nous montre que l’on peut toujours prendre la solution la plus simple, la plus rapide et la plus facile, mais nous n’aurons pas le plaisir d’avoir fourni un effort. On ressort plus fort d’une épreuve où l’on s’est donné corps et âme pour en trouver la solution.
J’ai malheureusement un coup de griffe pour le temps qui a rendu notre visite un peu moins agréable. Si vous désirez visiter ce lieu, choisissez un jour où chaleur et soleil ajouteront à la beauté du site.
Par chance, la qualité et la gaieté de notre guide nous ont fait oublier à la fois les désagréments de la météo et la fuite du temps. Je n’ai pas vu les heures défiler et je suis ressortie plus instruite de cette visite.

Elodie OTJACQUES 6B

Ce mardi 30 septembre, nous avons découvert la Maison d’Erasme sous la pluie. Pourtant, mon coup de coeur a été de faire cette visite avec Madame Feron. Elle m’a tellement intriguée par ce qu’elle disait que j’aurais de nombreux coups de coeur à expliquer!
La chambre qui m’a le plus impressionnée est la salle du chapitre. A mon avis la plus belle, car elle est tapissée de cuir de Cordoue rehaussé d’or. Cela m’a fait penser à Versailles. J’ai été attirée par le motif représentant des ananas stylisés car j’adore ce fruit exotique.
Le tableau qui incite les catholiques à verser de l’argent au Pape pour laver leurs péchés était intriguant et montrait Saint Antoine tourmenté par les tentations: femme, sorcière, renarde, chouette et luth renvoient à la sexualité féminine, mais la toile fourmille d’autres symboles mystérieux. Sur une autre oeuvre, Saint Jérôme fait pénitence en se frappant le coeur à l’aide d’une pierre, cela m’a choquée. On le découvre plus loin se tenant la tête et pointant un crâne: il veut nous montrer ce qu’il est et ce qu’il sera après sa mort. Cela m’a fait peur et m’a ouvert les yeux car c’est une réalité: la vie est suivie de la mort. Le « memento mori » m’a fait ressentir à quel point la vie est courte et m’a rappelé qu’un jour, la mort me prendra, moi aussi.
Le triptyque de Bosch m’a attirée, j’ai été émerveillée par l’ingéniosité du peintre. Cette oeuvre est magnifique: on y voit la naissance du Christ. Le mariage des couleurs est impressionnant, surtout pour l’époque. L’artiste a représenté un Mage noir pour montrer qu’il sait bien peindre et faire ressortir la teinte de sa peau sur un fond sombre. Le fait qu’on ne puisse en ouvrir les volets qu’à Noël me plaît, car, en attendant, on peut profiter des deux autres parties en se demandant ce qu’elles cachent.
Je ne vois pas d’aspect négatif à cette visite, sinon un léger coup, de griffe au temps: nous aurions mieux apprécié le jardin si la météo l’avait permis.


Posté le : 09 fév 2009
Posté dans Musée, Sorties